jeudi, 03 janvier 2019 18:47

Procès ICC Services : ce qu'il faut retenir de la 10ème journée

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Les débats ont repris ce matin du 3 janvier 2018 à la Cour de répression des infractions et du terrorisme (CRIET). Aux officiers de police, Pépin Adjovi et Dieudonné Lissagbé qui se sont succédés à la barre ce matin, la cour a confronté les dépositions de Grégoire Kocou Ahizimè à celles de Emile Tégbénou et Guy Akplogan. 

 Au cours de la matinée, la cour a poursuivi l’audition de Pépin Adjovi, ex-commissaire central de Porto-Novo et ex-directeur départemental Ouémé-Plateau de la police et de Dieudonné Dadjo Lissagbé, ancien directeur de la Brigade économique et financière. Avec ces deux officiers de police, elle s’est faite une idée précise de la façon dont ont été conduites les perquisitions chez Emile Tégbénou. Globalement, il se révèle, de l’avis de la CRIET, que les multiples perquisitions effectuées sont un échec d’un point de vue procédural. Faute de signature même celle de Tégbénou, les procès-verbaux mis à la disposition de la justice frisent le faux. Et le président Cyriaque Edouard Dossa d’appeler le procureur spécial de la CRIET à en tirer les conséquences de droit.

En début d’après-midi,  Grégoire Kocou Ahizimè,  responsable de mars 2008-juillet 2010 de la cellule de surveillance des structures financières décentralisées a été aussi appelé. Poursuivi pour corruption et recel d’escroquerie avec appel au public, l’ancien responsable du ministère des finances a retracé l’historique du dossier ICC Services, depuis ses premiers contacts avec cette structure en février 2009 à son arrestation le 9 juillet 2010 sur ordre du président Boni Yayi, en passant par l’alerte qu’il a donnée en mai 2009 et la plainte initiée début 2010 contre ICC Services. Cette plainte bien évidemment n’a pas connu un traitement diligent. Grégoire Ahizimè a laissé entrevoir ses ressentiments contre les dirigeants d’alors pour la lenteur de leur réaction face au phénomène ICC Services.

Abondamment cité par Emile Tégbénou et Guy Akplogan pour leur avoir pris 230 millions en vue de régulariser la situation administrative de ICC Services, Grégoire Ahizimè semble bien avoir, par un refus catégorique, semé le doute dans les esprits. Emile Tégbénou qui affirme détenir une décharge signée d’un certain Houngbèmè pour le compte de Grégoire Ahizimè n’a pas non plus garanti pouvoir un jour l’exhiber. De ces 230 millions, seulement 08 ont été retracés parce que destinés à un cabinet supposé encadrer ICC Services pour ses formalités administratives. Donc, les zones d’ombre subsistent.

L’audience a été suspendue à 17 heures au moment où les avocats qui n’ont pas eu la parole ce jeudi soir brûlaient d’impatience de se ruer sur Grégoire Ahizimè via leurs questions. Rendez-vous est pris ce vendredi pour la suite des auditions.

 

Hervé Jossè et Adonis Bohoun

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