mercredi, 29 octobre 2014 15:44

Cotonou a marché pour exiger des élections

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C'est l'événement de ce 29 octobre 2014 au Bénin. La marche citoyenne des forces politiques et sociales pour réclamer l'organisation des élections a eu lieu dans les rues de Cotonou. Hommes et femmes politiques, militants de la société civile et d'associations ont pris le devant d'une marche qui a drainé...

C'est l'événement de ce mercredi 29 octobre 2014 au Bénin. La marche citoyenne des forces politiques et sociales pour réclamer l'organisation des élections a eu lieu dans les rues de Cotonou. Hommes et femmes politiques, militants de la société civile et d'associations ont pris le devant d'une marche qui a drainé une foule multicolore sur plusieurs kilomètres. Parmi eux on pouvait remarquer les députés Eric Houndété, Antoine Kolawolé Idji, Lazare Sèhouéto, les syndicalistes Pascal Todjinou, Paul Essè Iko, le militant de la société civile Martin Assogba, Mahugnon Kakpo, les acteurs politiques Orden Alladatin, Adidjatou Mathys, Amissétou Affo Djobo, Rafiatou Karimou, Gaston Zossou et bien d'autres figures habituellement alignées contre le pouvoir. Une présence remarquée est celle du professeur Maurice Glèlè-Ahanhanzo, le "père de la constitution". A l'heure où le débat se mène sur l'éventualité d'un troisième mandat pour Boni Yayi, la participation de l'un des rédacteurs de la constitution de 1990 qui a fixé la limite du nombre des mandats présidentiels était aussi significative.

Pour rallier la Place Lénine à Akpakpa, les marcheurs, de rouge vêtus pour la plupart, sont partis de la Place de l'Etoile Rouge au centre de Cotonou. Ils ont battu le macadam sur cet itinéraire en passant par le marché Saint Michel et le Nouveau Pont brandissant pancartes et banderoles et scandant des slogans divers.

Les manifestants du 29 octobre exigent l'organisation des élections qui se trouvent dans une impasse du fait de la non disponibilité de la liste électorale. L'Union fait la Nation (UN), Alternative Citoyenne, le Mouvement pour un Sursaut Patriotique, le Parti Communiste du Bénin (PCB), l'Alliance ABT et d'autres partis politiques et syndicats ont fait des propositions de sortie de crise. Mais les approches sont différentes selon les acteurs. Alors que l'UN et Alternative Citoyenne exigent que le gouvernement donne les ressources financières au COS-LEPI de terminer la correction de la LEPI, le PCB de son côté propose la mise à l'écart pure et simple de cette liste qui tarde à être réalisée. Les "rouges" veulent d'une liste alternative que la CENA va établir sous la vigilance des partis politiques. "Elections sans LEPI !", ont clamé les militants communistes.

Une manifestation aux revendications diverses

Même si, l'objectif principal de la marche était d'exiger l'organisation des élections, d'autres sujets se sont invités dans les déclarations des uns et des autres. Il est question globalement de dénoncer la gouvernance du Président Boni Yayi depuis 2006. Le député Eric Houndété de l'UN cite entre autres questions objets de la manifestation, les soupçons de troisième mandat du Président de la République, la corruption, l'emploi des jeunes, les libertés... Des sujets perceptibles à travers les pancartes et les slogans. Dans le même ordre d'idée, Joseph Djogbénou parle de plusieurs objectifs poursuivis. Au delà des élections, il est question de sauver la démocratie et demander à Boni Yayi de quitter le pouvoir en 2016.

Martin Assogba, défenseur de la bonne gouvernance désigne la marche comme celle du développement. Lui aussi défend la démocratie béninoise quoique "nescafé" comme l'a qualifiée le Chef de l'Etat en 2011.

Si les déclarations divergent selon les tendances, d'autres symboles unissaient cependant les manifestants. Une chanson de l'artiste Don Métok était presque l'hymne des manifestants. Le morceau Atilito est considéré à tort ou à raison comme une chanson visant le Chef de l'Etat, Boni Yayi. "Ne te plains pas des conséquences de tes actes", c'est en substance le message du morceau.

Les forces de l'ordre ont encadré la manifestation, se mêlant parfois à la foule. Dans ces circonstances, impossible pour les policiers d'arrêter les motocyclistes sans casques.

Il faut signaler qu’avant cette marche, des rumeurs d’une contre-manifestation des partisans du Chef de l’Etat sur le même itinéraire et à la même heure ont couru. Nulle trace de cette contre-marche dans les rues de Cotonou ce jour.

 

Vincent Agué

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