A 48 heures de la marche programmée de l'opposition pour demain 29 octobre 2014 à Cotonou, le gouvernement a engagé des discussions avec les organisateurs. Ce lundi 27 octobre, trois ministres ont rencontré quelques acteurs politiques impliqués dans cette initiative. L'objectif était de recueillir les propositions de l'opposition face à l'impasse électorale, cette même question objet de la manifestation pacifique. On se rappelle que le Président de la République samedi dernier invitait les initiateurs de la marche au dialogue. Dans le même sens, son conseiller politique, Amos Elègbè, jugeait inopportune la manifestation de l'opposition.
Mais hier face au ministre chargé des Relations avec les Institutions et ceux de la Défense et de l'Intérieur, les représentants de l'Union fait la Nation et d'Alternative citoyenne n'ont pas fléchi. Ils ont refusé de livrer leurs propositions de sortie de crise. Ils veulent mettre le gouvernement face à ses responsabilités.
La démarche du gouvernement tendant à la conciliation pour désamorcer la marche est aux antipodes de ses habitudes. En dehors des défilés pour soutenir les actions du Chef de l'Etat, toute manifestation prétendant le contraire est rarement autorisée. Il est évident que la marche projetée du 29 octobre n'est pas du goût de l'exécutif. Pour preuve, la communication gouvernementale s'est amplifiée depuis que l'annonce a été faite, tentant de démontrer son inopportunité. Mais, en optant pour la dissuasion par le dialogue, il se peut que le gouvernement ne veuille pas en rajouter à la forte tension de ces moments par une autre interdiction dont les conséquences pourraient être imprévisibles. On se souvient de la marche réprimée des centrales syndicales le 27 décembre 2013. En réaction aux exactions sanglantes de la horde de policiers sur les manifestants, les syndicalistes ont alors exigé le limogeage du commissaire central de Cotonou et du préfet de l'Atlantique-Littoral. La grève qui s'en était suivi a paralysé le secteur de l'éducation pendant quatre mois, avec à la clé des résultats catastrophiques aux examens de fin d'année. C'est sans doute un exploit que le gouvernement ne tient pas à rééditer.



