Après les échauffourées dues à la tentative d'arrestation du député Candide Azannaï, les appels à paix se multiplient. Hier mercredi 6 mai 2015, la tension a atteint un point culminant avec la marche, malgré l'interdiction du ministre de l'Intérieur, du Collectif des Forces démocratiques. Mais avec ces heures chaudes, le retour au calme préoccupe visiblement toutes les composantes de la société, chacun y allant de sa sensibilité et de sa perception de la situation.
Les responsables des Forces Cauris pour un Bénin Emergent, la coalition de partis soutenant le pouvoir, entourés de plusieurs ministres du gouvernement, ont donné un point de presse. Ils ont d'abord dénoncé la marche forcée des soutiens politiques de Candide Azannaï. Pour Eugène Azatassou, le coordonnateur national de la famille politique du chef de l'Etat, cette manifestation ne visait rien d'autre que ''la déstabilisation de notre pays et de ses institutions''. Mais il appelle ''la classe politique béninoise et la société civile dans toutes leurs composantes à rechercher et à sauvegarder à tout prix la paix et la cohésion sociale qui ont toujours régné dans notre nation''.
Ce même appel à la paix est l'essentiel de l'intervention du ministre d'Etat, François Abiola. Pour lui, c'est le manque de sagesse dans les propos des hommes politiques qui a conduit à la situation ayant cours. Il invite les uns et les autres à contrôler leur langage pour ne pas tomber dans la provocation.
Dans la même veine, le Front des jeunes pour la sauvegarde de la République, dirigée par le directeur général de la Société nationale de commercialisation des produits pétroliers (SONACOP), a appelé les Béninois à la sérénité. Mais Irenée Agossa a avant tout condamné les actes de vandalisme posés par les manifestants.
Au dessus de la mêlé
Pour leur part, les sociologues et anthropologues béninois, renvoient dos à dos tous les camps. Le président de leur association, roch houngnihin déclare que ''la citoyenneté nationale doit supplanter les clivages politiques fondés sur des discriminations sociales''.
La sensibilité de la situation a également fait réagir l'armée. Le chef d'Etat-Major adjoint des forces armées béninoise, a au nom des forces de défense et de sécurité, reaffirmé la neutralité des hommes en uniforme. Le Général Laurent Amoussou appelle ''les acteurs politiques de tous bords au respect de notre loi fondamentale''.
Les médias invités au professionnalisme
La Haute Autorité de l'Audiovisuel et de la Communication a de son côté invité les médias à ''faire preuve de circonspection et de professionnalisme dans le traitement de l'information en cette période électorale où l'actualité regorge d'informations très sensibles''. Par le biais d'un communiqué de son président, l'institution régulatrice des médias, rappelle aux professionnels de la presse que ''les sujets susceptibles de porter atteinte à la paix sociale (...) doivent donner lieu à des enquêtes approfondies avant toute diffusion ou publication''.
Vincent Agué



