Après les bégaiements de la veille, ce samedi 18 avril 2015, la distribution des cartes d'électeur a effectivement démarré. A Cotonou comme à Sèmè-Kpodji, la plupart des centres de vote grouillent de monde. Les populations sont se sont déplacées pour retirer leurs cartes électorales indispensables pour le scrutin du dimanche 26 avril.
Au centre de vote de l'Ecole Primaire Publique de Cadjèhoun, trois postes de distribution accueillent les citoyens qui attendaient ce moment avec impatience. Munis d'une pièce d'identité ou de leurs récépissés d'enregistrement lors de la collecte des données biométriques, ils se font remettre en main propre leurs cartes d'électeur.
Mais, avant de jouir de cet instant de soulagement, les intéressés doivent braver les injures d'autres personnes également impatientes dans les rangs. Les agents chargés de l'opération, débordés, sont par moment obligés de rappeler à l'ordre les uns et les autres, les rassurant qu'ils seront tous servis à condition de rester calmes.
Comme annoncé par le ministre des Finances, il faut dire que les postes de distribution ont été démultipliés afin de réussir le pari de la distribution de toutes cartes avant le jour du scrutin. Dans le premier arrondissement de Cotonou par exemple, le coordonnateur de l'opération dans cette zone, confie que les 34 centres de vote de départ ont été éclatés en 65 postes de distribution afin d'accélérer l'opération.
La qualité de carte ne satisfait pas
La carte d'électeur version 2015 renseigne sur les traits physiques, l'état civil, la résidence, la profession... de l'électeur. Elle porte une photo d'identité du titulaire ainsi que l'empreinte de son pouce gauche, tout ceci en couleur noire sur du papier blanc plastifié. Mais la carte est loin de satisfaire tout le monde. Roger, étudiant, qui vient de retirer la sienne, ne cache pas sa désolation : "Elle est de mauvaise qualité, cette carte", a-t-il lancé, rappelant que le modèle de la carte de 2011 était bien meilleur.
A cette remarque également faite par d'autres personnes, le coordonnateur de la zone répond que "personne ne peut dire qu'on a défini la carte d'électeur telle qu'elle doit être à la fin pour qu'on puisse comparer aujourd'hui". Pour Beaugard Koukpaki, ce qui est important, ce sont les informations figurant sur la pièce.
Il faut souligner que le code électoral non plus ne précise pas la qualité de la carte. L'article 182 énonce seulement que "la forme définitive de la carte relève des prérogatives de la mission indépendante de recensement électoral national approfondi".
La validité de la carte d'électeur est celle de la liste électorale, c'est-à-dire 10 ans. Toute falsification de cette pièce est punie d'un emprisonnement d'un an à cinq ans et d'une amende de 500 000 francs à deux millions deux millions de francs CFA.
Vincent Agué



